L’aéroport de Toulouse – Blagnac ne sera plus géré, à partir de mars 2007, par la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Toulouse, mais par une Société Anonyme (SA) à conseil de surveillance et directoire.
Il sera le premier des aéroports à changer de statut en vertu de la loi du 20 avril 2005, qui concerne les 8 plates formes de Nice, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Strasbourg et Montpellier.
Le capital de cette SA sera réparti de la façon suivante :
- 60 % du capital réservé à l’état
- 25 % pour la CCI de Toulouse
- 15 % pour les collectivités territoriales locales (Conseil Régional, Conseil Général et Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse à hauteur de 5% chacun.)
Bernard Keller, furieux de constater que la ville de Blagnac a été écartée du partage, se voit aujourd’hui proposer un poste de « censeur », plus clairement, un poste de simple observateur.
Vexé, lors du conseil municipal extraordinaire du 05 février dernier, Monsieur le Maire à fait adopter, à l’unanimité, une délibération lui permettant de « demander un siège de droit, et non un strapontin, pour (pouvoir) intervenir dans les grandes décisions… »
Dés le jeudi 08.02.2007, B. Keller entame une campagne de presse visant à faire pression sur Philippe Douste Blazy, Président de la Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse, qui réunit, le lendemain, le conseil de communauté chargé de désigner le représentant de l’Agglo au conseil de surveillance de cette nouvelle société.
Il n’hésite pas à parler de « hold-up sur l’aéroport », « d’erreur politique », « d’injustice ». Il agite également le spectre de la privatisation en 2013, en parlant de « dérive libérale » mais en oubliant, bizarrement, de rappeler que la commune de Blagnac a, en 2001, décidée de transférer ses compétences au Grand Toulouse.
Exceptionnellement, il fait même deux propositions : « pourquoi ne pas avoir privilégié d’autres formules comme la délégation de service public (DSP) ou le transfert des compétences de gestion à une société d’économie mixte (SEM) » en oubliant de préciser, une nouvelle fois, que l’idée de la SEM a été formulée par l’opposition au conseil municipal de Blagnac et, plus grave, en tentant de faire oublier qu’il a lui-même trahit le conseil de communauté lorsque, en dépit de ces engagements, il a décidé de faire basculer les transports toulousains vers une Régie plutôt qu’une délégation de service public pourtant en vigueur depuis de nombreuses années !
A cette occasion, Philippe Douste Blazy avait pu constater que Monsieur Keller était sous influence directe de Pierre Izard, Président du Conseil Général de la Haute Garonne, et c’est avec ce souvenir, qu’il rechigne aujourd’hui à faire, une nouvelle fois, de Bernard Keller son représentant au conseil de surveillance de l’aéroport !
C’est donc tout naturellement que B. Keller c’est fait renvoyer à 10 mètres lors du conseil de communauté du 09.02.2007
A cette occasion, le Président de la communauté d’Agglo lui a signifié que « prendre l’opinion publique à témoin pour faire reculer un président d’agglomération qui a la majorité, ce n’est pas habile » il a également suggéré fermement à Bernard Keller de ne « pas donner de leçons aux autres ».
Pour terminer, concernant le spectre de la privatisation agité par le Maire de Blagnac, Philippe Douste Blazy luis rappelle que « la loi est claire : les collectivités pourront s’entendre pour racheter les parts de l’Etat ».
Au final, la proposition de B. Keller est rejetée par 39 voix contre 25 et 3 abstentions (dont celle du maire de Cornebarrieu).
Il reste, à Bernard Keller, l’espoir d’être entendu par le Président du Conseil Général ainsi que par le Président du Conseil Régional qui, eux aussi, disposent de sièges à pourvoir, au conseil de surveillance de la SA, chargée de la gestion de l’aéroport. Ces « amis » politique sauront certainement lui être reconnaissants d’avoir su obéir, le doigt sur la couture du pantalon, lors du vote du SMTC mettant ainsi la Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse en minorité.
Nous verront bien si Bernard Keller est capable de faire preuve d’autant d’intransigeance vis-à-vis de Pierre Izard si, ce dernier, ne le désigne pas comme représentant du Conseil Général ou bien encore si Martin Malvy ne désigne pas Bernard Loumagne, 1er adjoint au Maire de Blagnac et conseillé régional, comme représentant du Conseil Régional !
A suivre…
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